L'atlas des abîmes

Le 27e jour du mois de septembre de l'an 1025

L'atlas des abîmes (Bicolline)

Le Roi Kurzik, fidèle à sa malice coutumière, n'avait jusqu'ici rien soufflé du lieu choisi. Ce n'est que maintenant qu’il révèle l'épreuve : les quatre guildes finalistes de sa grande compétition dévront descendre sous ses propres domaines et cartographier ce qui s'y cache. Une tâche en apparence simple, presque banale, si l’on omet que nul n’en est jamais revenu. On dit que ces tunnels sont plis anciens que la mémoire des créatures qui rôdent encore dans les profondeurs.

Car sous la pierre grise, il existe une strate différente, une couche où le monde semble respirer d'un souffle mauvais. Les rares rumeurs qui remontent à la surface sont chuchotées par des fous ou murmurées par des mourants dont la voix s'éteint prématurément, ne laissant que des bribes d'informations. Les guildes, accoutumées aux galeries mouvantes des Skavens, n'y trouveront ni bruit familier ni repère. Là-bas, tout est silence, mutisme si dense qu’on jurerait que les parois rocheuses elles-mêmes retiennent leur souffle.

Certains disent que ce silence n'est pas vide, mais rempli d'un guet attentif. Des ombres qui bougent trop lentement, des formes tapies, des yeux luisants qu'on ne distingue toujours que trop tard. Des légendes parlent de peuples reclus, étrangers à la lumière, qui ne connaissent plus que la peur. D'autres récits témoignent de toiles accrochées aux voûtes, immenses, tendues comme des pièges de cathédrale, où pendent des silhouettes qu'on croirait encore vivantes, jusqu'à ce qu'elles se balancent au gré du vent invisible des abîmes.

Il existe aussi des histoires jugées blasphématoires : des rejetons oubliés du peuple rat, demeurés trop longtemps loin de Kurzik, qui auraient appris un langage interdit, une Magie étrangère, un Culte dont le nom seul glace l'encre de la plume des scribes. Leurs prêtres, dit-on, se nourriraient des prières comme d'autres boivent le sang.

Et toujours, au détour d’un couloir, des traces de portes scellées, de murailles aux runes à demi effacées, gardiennes d’un passé rétif à disparaître. On raconte que derrière ces pierrès froides résonne parfois le heurt métallique de marteaux qu'on n'a pas entendus depuis des siècles.

La mission est simple à dire, mais impossible à concevoir: tracer les contours d'un monde qui s’efface, noter les passages d'un espace qui se modifie sous les pas. Les quatre guildes devront avancer malgré l'impression constante d'être suivies, observées, guettées, comme si chaque trait inscrit sur le parchemin attirait une hostilité invisible.

Kurzik, bien sûr, promet la gloire. Il assure que les noms des guildes seront gravés aux côtés des plus grandes. Mais ceux qui ont entendu son rire grinçant savent qu‘il y a dans cette promesse un goût amer. Car si jamais les cartes reviennent à la surface, il est probable qu'elles soient tracées avec autant de sang que d'encre.

Alors, qui osera descendre?-Car au fond, tous rient aujourd'hui... mais seul Kurzik sait qui rira le dernier.



Participants:

Hibou d'ArgentNémésis
Très Saintes VinièresValraven
    

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Guilde

1025

Synopsis de l’événement

Bicolline